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Nouvelles

02/01/2017 16:49 |
Entre générations : en quête de complicité.

Auteur : FJS/NCITÉ


Dans une société où les structures familiales changent, les liens intergénérationnels restent toujours aussi importants.  Voici quelques témoignages recueillis en Suisse romande sur les relations entre grands-parents et petits-enfants….

Entrer dans la « grand-parentalité« , c‘est avancer d‘une place dans l‘ordre des générations, en développant un rôle complémentaire à celui des parents. Dans  notre contexte sociologique en mutation, une certaine adaptation est souvent nécessaire pour vivre les liens intergénérationnels complexifiés par de nouvelles données : recomposition familiale, distance géographique,  sensibilités religieuses .

Dans une société déchristianisée marquée par de fortes demandes spirituelles, la transmission de la foi par les grands-parents peut -être une possibilité de vivre un lieu fort au sein de la famille, , comme le témoignent Raymond et Thildy en Valais :  « Nous avons toujours eu des relations privilégiées avec nos trois petits-enfants (13,16 et 18 ans). Avec l’accord de leurs parents, nous les avons également accompagnés spirituellement. Lorsqu’ils étaient petits, nous avions inventé des jeux pour les inviter à la prière comme de « téléphoner à Jésus », en nous passant un récepteur invisible, pour transmettre ce que nous vivions. Actuellement adolescents, ils viennent régulièrement à la maison en abordant des sujets qui les concernent. Cette relation est un enrichissement mutuel. »

En fait, cette  transmission consiste surtout pour les grands-parents à communiquer le goût pour   les questions spirituelles , en ayant suffisamment d’ouverture, d’attention et d’amour pour respecter les positions de chaque membre de la famille, comme le raconte Christiane (Genève) :  « Lors d’un voyage avec notre petite-fille, celle-ci insista pour venir avec moi à l’église « pour demander au curé si Dieu existe ! » Voyant qu’il était occupé à une confession, elle attendit patiemment qu’il eut finit , pour aborder avec lui une longue conversation métaphysique. Ce moment aboutit sur un bel échange spirituel, respectueux de la position  des parents, plus distants avec le phénomène religieux. »

Ainsi, cette relation de complicité - moins soumise aux contraintes de l’éducation - est plus libre, ce qui fait toute sa force. Elle peut avec beaucoup de simplicité s’ouvrir aux questions spirituelles d’une autre manière que peuvent le faire les parents, comme l’explique Fabienne (Valais) : «  Ma grand-mère a toujours été un repère spirituel pour moi. Enfant, j’allais souvent lui rendre visite pour vivre avec elle des choses simples, dans ce lieu hors du temps. Sa douceur, sa gentillesse et sa qualité d’accueil me touchaient. Ainsi je me souviens qu’adolescente, lorsque je me posais beaucoup de questions sur la spiritualité, c’était chez elle que je trouvais la profondeur des gens qui vivent leur foi avec simplicité ». 

Ainsi, la préoccupation de la transmission de la foi peut se tisser dans cette étoffe à la fois légère et solide qui  marque les liens intergénérationnels et unit les lignées, dans des situations où parler de Dieu peut se vivre avec simplicité, parfois avec un brin d’imagination et toujours avec beaucoup d’amour.

Extraits synthétisés du dossier du magazine Nouvelle Cité  : « Entre générations : en quête de simplicité » (Numéro 582, novembre /  décembre 2016).